«N’ayez aucun doute, je continuerai à plaider la cause des journalistes!»

C’est ce qu’a confié à ProjetJ, Dominique Payette, ex-journaliste devenue professeur à l’Université Laval, auteure en 2011 d’un rapport sur l’avenir des médias et du métier de journaliste au Québec, mais surtout actuellement, candidate péquiste dans Charlesbourg. Même si elle affirme que Pauline Marois ne lui a fait aucune promesse, elle assure que sa cheffe est passionnée par les questions qui touchent à l’information et espère ainsi pouvoir convaincre ses futurs collègues de la gravité de la situation.

C’est ce qu’a confié à ProjetJ, Dominique Payette, ex-journaliste devenue professeur à l’Université Laval, auteure en 2011 d’un rapport sur l’avenir des médias et du métier de journaliste au Québec, mais surtout actuellement, candidate péquiste dans Charlesbourg. Même si elle affirme que Pauline Marois ne lui a fait aucune promesse, elle assure que sa cheffe est passionnée par les questions qui touchent à l’information et espère ainsi pouvoir convaincre ses futurs collègues de la gravité de la situation.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

Si l’heure est aux poignées de mains et au porte à porte pour Dominique Payette, qui espère, avec toute son équipe péquiste, ravir le siège caquiste de Charlesbourg, elle n’en reste pas moins une fine observatrice de tout ce qui se passe dans les médias.

«C’est une expérience inestimable, assure celle qui explique qu’elle s’est lancée dans la course parce qu’alors qu’elle vient de souffler ses soixante bougies, elle s’est demandée ce qu’elle n’avait pas encore fait qu’elle regretterait de ne pas avoir fait. D’une part j’apprends des choses sur moi-même. Et d’autre part, c’est une place très intéressante pour observer les médias et les journalistes. Ce que je vois, ce sont des phénomènes étonnants comme le mimétisme, l’effet de meute. Je m’interroge sur la profondeur ou la non-profondeur de ce que les médias font avec la campagne électorale.»

Si elle assure que Pauline Marois ne lui a rien promis lorsqu’elle se sont parlé au téléphone, ni lorsqu’elles se sont ensuite rencontrées, et si elle dit s’intéresser à d’autres sujets tels que la situation des personnes âgées et la place des femmes dans la société et sur le marché du travail, il est bien évident que toutes les questions liées à l’information feront partie des dossiers que Dominique Payette portera haut et fort si elle est élue à l’Assemblée nationale le 7 avril prochain.

L’autonomie des journalistes

«Mme Marois est très au courant de mes centres d’intérêt et je l’avais d’ailleurs rencontrée lorsque j’ai remis mon rapport, raconte-t-elle. Le parti québécois avait soutenu plusieurs de mes recommandations. Est-ce qu’elle me donnera des responsabilités dans ce sens-là, je n’en sais rien. Est-ce que j’arriverai à convaincre mes collègues de l’importance de cette question-là, je ne le sais pas non plus. Mais c’est sûr que je vais plaider. N’ayez aucun doute là-dessus.»

Elle se dit pour l’instant satisfaite de voir dans le programme du parti québécois, à la fois la volonté de réformer la loi sur l’accès à l’information et la mise en place de la plateforme web d’information interrégionale pilotée par Télé Québec. Deux recommandations de son rapport. Mais deux promesses qui se trouvaient cependant déjà dans la plateforme péquiste de 2012…

Autre dossier qu’elle souhaiterait porter, celui de l’autonomie des journalistes. En ce sens, elle se dit déjà satisfaite que le sujet soit apparu durant la campagne, à l’occasion de l’annonce de la candidature de Pierre-Karl Péladeau dans la circonscription de Saint-Jérôme.

Une candidature au sein de son équipe qui ne semble d’ailleurs pas lui poser de problèmes.

L’arbre qui cache la forêt

«Je suis ravie parce que je trouve que le parti québécois est un parti de coalition. Le parti de M. Lévesque, c’était un parti de coalition. Alors aujourd’hui, il va de Pierre Céré à Pierre-Karl Péladeau, et ça, ça représente tout le Québec. Ensuite, on a voulu me faire attaquer l’homme à partir de ce que j’avais dit dans mon rapport. Or, jamais je ne me suis attaquée à l’homme Péladeau. Je pense que M. Péladeau a pris des décisions d’affaires quand il était à la tête de Québécor, mais que l’ensemble des conditions de travail, de l’ensemble des journalistes, quel que soit leur employeur, se sont dégradées au cours des dernières années. Lorsque j’étais journaliste à Radio-Canada, j’ai quand même fait deux mois et demi de lock-out sur le trottoir. Les journalistes de Gesca eux aussi ont signé une convention collective avec un pistolet sur la tempe parce qu’on leur disait qu’ils allaient fermer La Presse. Personne ne peut prétendre dans l’industrie des médias, avoir été un employeur meilleur que les autres.»

Focaliser sur PKP reviendrait donc, selon elle, à regarder l’arbre qui cache la forêt.

«Or, il faut qu’on prenne le temps de regarder la forêt», scande-t-elle, ajoutant que même si la politique ne lui offrira pas autant de liberté que la recherche, elle s’attellera à cette tâche si d’aventure, elle était élue.

Par quoi commencerait-elle? Difficile à dire tant les dossiers sont nombreux et bien souvent liés.

«Mais trois ans après la publication de mon rapport, et exceptée la situation de la presse régionale, qui a bien changé depuis le rachat par TC Média de tous les hebdos de Québecor en décembre dernier, je réécrirais aujourd’hui le même, à la virgule près. Je ne risque donc pas de m’ennuyer.»

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