L’entrepreneuriat pour libérer les journalistes de la crise?

«Vous avez déjà imaginé une application, un site web, un produit qui pourraient profiter à votre compagnie? Ici, vous obtiendrez les compétences de base nécessaires au lancement de votre propre start-up, au développement de votre entreprise médiatique, ou même à la croissance de la compagnie au sein de laquelle vous travaillez!» Cet argumentaire de vente n’est autre que celui du programme en journalisme entrepreneurial proposé par l’American University, à Washington DC. Un champ de plus en plus investi par les écoles et les enseignants.

«Vous avez déjà imaginé une application, un site web, un produit qui pourraient profiter à votre compagnie? Ici, vous obtiendrez les compétences de base nécessaires au lancement de votre propre start-up, au développement de votre entreprise médiatique, ou même à la croissance de la compagnie au sein de laquelle vous travaillez!» Cet argumentaire de vente n’est autre que celui du programme en journalisme entrepreneurial proposé par l’American University, à Washington DC. Un champ de plus en plus investi par les écoles et les enseignants.

Par Héloïse Henri-Garand, stagiaire

Un constat lors de la 97e conférence de l’Association pour l’éducation en journalisme et communication de masse (AEJMC): le journalisme mute à une vitesse telle que généralement, les étudiants gradués en journalisme traditionnel ne sont pas adéquatement préparés au marché du travail qui les attend. Les experts et enseignants s’entendent pour dire que la notion traditionnelle de journaliste ne s’applique plus au contexte moderne des communications. 

«Les entreprises cherchent des étudiants capables d'identifier les tâches à effectuer dans le monde des médias, tout en ayant les compétences pour les accomplir. Ils veulent marier le journalisme, les médias et les demandes du marché», affirme Jan Schaffer, directrice exécutive de J-Lab , une compagnie américaine spécialisée dans le tutorat et l’accompagnement des nouvelles entreprises médiatiques.

ProjetJ était présent à l’atelier de discussion sur l’entrepreneuriat journalistique de l’AEJMC, intitulé «J-schools: how to incubate media entrepreneurs». Les conférenciers, tous d’origine états-unienne, y ont fait état des programmes en communication et journalisme entrepreneurial.

American University

Introduite en 2012, la maîtrise en entrepreneuriat journalistique de l’American University à Washington DC, s’inscrit comme un programme innovateur et unique en son genre. Il s’agit d’un programme étalé sur une période de vingt mois, où les étudiants sont appelés à présenter un projet de fin de programme, devant un jury choisi par l’université. La particularité: le programme vise une clientèle particulière, celle des professionnels déjà présents sur le marché du travail.

«Juste pour vous donner une idée, explique Amy Eisman, directrice de l’école d’entrepreneuriat médiatique de l’université, un de nos étudiants est un présentateur de nouvelles à Voice of America, l'autre est un journaliste au Huffington Post. Nos étudiants sont des gens qui nous viennent avec une idée spécifique en tête. Ce sont pour la plupart des professionnels qui jonglent entre carrière et  famille.»

Concernant la maîtrise, Amy Eisman confirme la tendance: «Dans notre programme, nous définissons le concept des médias de manière large; ce n'est pas seulement l’entrepreneuriat journalistique. Nous traitons des médias dans leur entièreté, en mettant l’emphase sur le contenu numérique.»

CUNY Graduate School of Journalism

Pour sa part, la CUNY Graduate School of Journalism de New York en est à sa cinquième année d’existence, se positionnant ainsi comme  la première université américaine à introduire au sein de son école des communications, une maîtrise en journalisme entrepreneurial. Ici, les étudiants viennent des quatre coins de la planète pour comprendre le secret des start-ups à la Facebook.

«Nous avons des gens de partout dans le monde et nous en sommes très fiers. C’est une diversité qui s’applique autant à l’ethnicité, qu’à l’âge des étudiants, explique Jeremy Caplan, professeur de journalisme à la City University of New York. De plus, nous sommes fortement préoccupés par l’égalité hommes-femmes, car la plupart des programmes de journalisme entrepreneurial américain sont dominés par les hommes.»

Le contenu des cours est diversifié: storytelling multimédia, reportage d’investigation, podcasting audio. Chacun y trouve donc son compte, selon le professeur.

Des connaissances à coûts élevés

Une question sous-jacente demeure: combien coûtent ces programmes? Cher! Même si des bourses et des aides financières peuvent être octroyées. Ainsi, la CUNY demande à ses étudiants internationaux la somme de 35 923$. À l’American University, chaque unité de crédit coûte 1 482$… la maîtrise complète comptant trente crédits, elle coûte en réalité 44 460$.

Des chiffres astronomiques si on les compare notamment au salaire moyen d’un journaliste aux États-Unis qui s’élevait en 2012 à environ 32 000$, selon une étude de l’Université de la Géorgie basée sur l’enquête annuelle des diplômés en journalisme et communication de masse. S’endetter pour sortir de la crise? Voilà une des avenues proposées en tout cas lors de la dernière conférence de l’AEJMC.

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