La SRC pouvait révéler le nom des policiers dans l’affaire Villanueva

Le Conseil de presse du Québec (CPQ) a rejeté la plainte du Service de police de Montréal (SPVM) contre Radio-Canada. Le SPVM déplorait l’identification des policiers qui sont intervenus dans l’affaire Freddy Villanueva en août 2008, lors de l’émission Enquête du 30 octobre 2008. Les policiers alléguaeint qu’il s’agissait d’une atteinte à la réputation et que ce détail aurait pu avoir des conséquences pour les agents. Le raisonnement journalistique diffère de celui des forces de l’ordre, conclut le CPQ.
Le reportage diffusé à Enquête présentait comment la famille de Freddy Villanueva vivait les événements qui lui ont coûté la vie, puisqu’il a été atteint mortellement lors d’une opération policière menée le 9 août 2008 dans le quartier Montréal-Nord.
Dans cette émission, les journalistes ont présenté les noms et les photographies des deux agents impliqués. Le SPVM jugeait que ces informations n’étaient pas essentielles à la compréhension des spectateurs et qu’en plus, elles pouvaient causer préjudice aux agents.
 
«Dans le cadre de cette enquête, le SPVM se devait de respecter certaines dispositions conformément à la loi, notamment celle de refuser de donner communication d’un renseignement dont la divulgation serait susceptible d’entraver une enquête en cours ou de mettre en péril la sécurité d’une personne. (…) Le SPVM s’y est conformé et était en droit de s’attendre à ce que la Société Radio-Canada traite avec rigueur et discrétion de ce dossier, comme elle l’aurait fait pour tout autre citoyen», peut-on lire dans la déclaration du plaignant.

Radio-Canada soutenait pour sa part que «la diffusion de la photo des deux policiers, dans le reportage, était d’intérêt public» et que du reste, ils avaient déjà été identifiés dans le quotidien La Presse, notamment.

La décision du CPQ sur ce point, est détaillée comme suit :

«L’identité des deux policiers a été protégée par la police puisqu’elle considérait que la divulgation d’une telle information pouvait avoir des conséquences funestes pour leur sécurité. Rien toutefois n’obligeait les journalistes disposant d’une telle information à raisonner de la même façon. Le Conseil convient donc que l’identité, soit le nom et la photo des deux policiers, pouvait être révélée dans le reportage. Le grief est rejeté.»
Le Conseil a également rejeté le grief sur la partialité du reportage.

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