La construction médiatique de la grippe A

Lise Millette, ProjetJ |

Certains cercles discutent de la possibilité que la grippe A(H1N1) soit une conspiration. Le Monde présente d’ailleurs quelques théories qui ont été reprises dans les pages du quotidien britannique The Telegraph et dans la presse mexicaine. Parmi les hypothèses les plus virulentes soulignons celles voulant que le virus ait été conçu pour assassiner le président Obama lors de sa visite au Mexique ou un effort des compagnies pharmaceutiques en mal de profits.

Parallèlement à cette pandémie de conspirations, d’autres analystes tentent de comprendre pourquoi la grippe porcine prend autant de place dans les médias. Au Québec notamment, où environ 1500 personnes meurent de la grippe chaque année, il est étonnant de voir un point de presse quotidien présenter l’état de situation et les cas, jusqu’ici bénins, dont le nombre demeure somme toute peu élevé.

Selon Michel Wieviorka, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, cette grippe «a été dramatisée avant d’être relativisée». Selon lui, l’épidémie est assurément réelle, mais les médias ont amplifié son impact et surtout, ils l’ont dramatisée. Le meilleur exemple demeure la comparaison avec la grippe espagnole de 1918. Une situation qui entraîne forcément des réactions vives auprès de la population qui peut développer des comportements excessifs.

Selon M. Wieviorka, il y a lieu de rappeler que la liberté de la presse devrait aussi tenir compte de sa responsabilité «et de sa capacité à éviter aussi bien l’emballement, que la sous-estimation des problèmes du monde contemporain», peut-on lire dans le texte publié sur le site LaPresseSurMonOrdi.

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