«La campagne électorale, c’est un gros show de téléréalité»

C’est du moins le point de vue de Jean-François Dumas, président d’Influence Communication. Selon lui, «la controverse, l’anecdotique dominent tellement que ce qui importe finalement c’est de savoir qui va faire la jambette à l’autre, qui va rester, qui va être le dernier dans le loft à la fin, qui va gagner l’élection.»

C’est du moins le point de vue de Jean-François Dumas, président d’Influence Communication. Selon lui, «la controverse, l’anecdotique dominent tellement que ce qui importe finalement c’est de savoir qui va faire la jambette à l’autre, qui va rester, qui va être le dernier dans le loft à la fin, qui va gagner l’élection.»

Par Hélène Roulot-Ganzmann

À trois jours du scrutin provincial, la firme montréalaise qui scrute 24/7 les médias du monde entier, affirme que jamais il n’y a eu aussi peu de contenu lors d’une campagne électorale.

«L’environnement, la famille, la santé, la langue, la pauvreté et les autochtones sont des thèmes qui n’ont jamais occupé si peu de place dans une campagne électorale depuis dix ans, note Jean-François Dumas. Ce qui domine? L’économie d’une part. On peut s’en réjouir car c’est important. Mais là encore, il faut apporter des nuances. On parle 20% moins d’économie depuis le début de la campagne qu’en temps normal et déjà en temps normal, les médias québécois en parlent moins que dans le reste du Canada. On fait 4,5 fois moins de santé, et neuf fois moins d’infrastructures.»

Des thèmes remplacés par quoi? Les questions d’éthique, de souveraineté, les sondages et la controverse.

«Près du quart de la campagne repose d’ailleurs sur les sondages et la controverse, précise le président d’Influence Communication, qui s’inquiète de cette tendance alors même que selon lui, la plupart des citoyens vivent la chose politique par procuration, à travers le prisme médiatique.

«Vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui vont à la rencontre de leurs candidats et qui sont capables de citer au moins un de leurs engagements, questionne-t-il. Par conséquent, Si un politicien parle de choses et fait plein de rencontres dans sa journée mais qu’il n’est pas dans le kodak à la fin de la journée, ça n’existe pas.»

Faire la manchette

Si son analyse est sévère, Jean-François Dumas ne jette pas pour autant la pierre aux journalistes. D’abord parce qu’il fait la différence entre les entreprises médiatiques et leurs employés dans les salles de nouvelles, les premières cherchant le meilleur profit, ce qui va faire la manchette, qui va faire vendre, à savoir la boue que les politiciens se jettent mutuellement, ce qui est racoleur, frappant, marquant. La faute aussi aux politiciens qui jouent le jeu pour décrocher les gros titres. Et enfin la faute aux citoyens, lecteurs de journaux et téléspectateurs, qui malgré l’explosion des sources, s’abreuvent toujours de nouvelles via les mêmes canaux.

«Si on prenait la peine de diversifier nos sources d’information, on pourrait mettre une pression économique plus imposante sur nos médias», suppose-t-il.

Des chefs qui jouent le jeu de la controverse pour faire la manchette car d’élections en élections, les chiffres témoignent qu’à chaque fois, c’est le parti qui a eu le plus fort poids médiatique qui remporte le scrutin. Depuis le début de la campagne, c’est le Parti libéral de Philippe Couillard qui domine dans les colonnes des journaux et sur les ondes, excepté dans les organes de Québecor, ce qui faisait dire à Jean-François Dumas dans sa chronique hebdomadaire dans l’émission Dutrizac l’après-midi, à l’antenne de 98.5FM, un peu plus tôt cette semaine, «que ça ferait certainement jaser les conspirationnistes».

Reste à savoir si toutes ces statistiques se confirmeront lundi, lorsque nous entendrons retentir la fameuse phrase, «si la tendance du vote se maintient, le prochain gouvernement sera formé par le parti…»

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