Journalistes complices des policiers?

A l’issue d’une enquête journalistique, des journalistes ont transmis aux policiers une partie des informations obtenues par leurs sources dans le but de les faire inculper. Cette démarche a plongé les reporters de France 2 en plein dilemme éthique.

Le journal Le Figaro a soulevé lui-même la question «Un journaliste peut-il, dans des circonstances extrêmes, dénoncer les criminels rencontrés dans le cadre de son enquête?»

Au terme de son enquête, le journaliste Laurent Richard a décidé de dénoncer les prédateurs sexuels qui avaient accepté de participer à son dossier. Il a justifié son choix pour des questions de morale, en précisant de certains étaient passés à l’acte et que d’autres avaient l’intention de le faire.

Il a également soutenu que des dispositions du Code pénal français prévoit également des peines pour la non-dénonciation d’un crime susceptible d’être empêché. Pourtant, les journalistes ne sont pas tenus de suivre cette règle, en raison des loi sur le secret des sources.

Dans une entrevue accordée au Figaro, l’avocat Jean-Yves Dupeux, spécialiste du droit des médias, estime que les journalistes de France 2 ont démontré l’existence d’une confusion des genres. Selon lui, ces journalistes sont sortis de leur rôle d’informer le public en choisissant de se faire des auxiliaires de la police. Ce faisant, le principe de la protection des sources se trouve amoindri tout comme la relation de confiance à l’égard du journaliste.

La démarche du magazine «Les Infiltrés» n’est pas sans rappeler celle qu’avait menée le Journal de Montréal, en 2007, dans une série destinée à traquer des pédophiles sur Internet. Là aussi, les journalistes s’étaient sentis au coeur d’un conflit éthique entre la protection des sources et la protection de potentielles victimes.

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