Journalisme et dandysme

Marc Archambault, Commentaire, Voir.ca |

Jean Daniel est une personnalité importante; sa contribution à l’éclosion d’une pensée de gauche non communiste a été vitale. Il reste que le journaliste  des dernières années me laisse songeur et ambivalent.  Penser une troisième voie entre le libéralisme mondiale et capitaliste et l’étatisme autoritaire n’est pas une mince affaire. Pourtant elle existe certainement plus dans le courant alter-mondialiste que  dans un « blairisme » qui ne veut pas rompre avec un économisme ultra-libéral.  Jean Daniel semble allergique à un renouvellement de la pensée de gauche qui remettrait en cause la mondialisation essentiellement guidée par des impératifs économiques.

  Je crois que Jean Daniel est devenu plus cynique, surtout après l’échec de la gauche et du « mitterandisme ». Il fait son métier de journaliste en dilettante, en cherchant  les formules percutantes pour épater la galerie. La forme prime sur l’essence. Serait-il devenu un journaliste guidé par le dandysme ?

 À lire les commentaires qu’il fait dans le Voir, je m’aperçois qu’il avance des idées assez saugrenues. Sa tentative de faire un rapprochement entre le Québec et Israël me semble tirée par les cheveux. Israël semble une obsession qui obscurcit sa pensée. Dire que le journalisme est une forme de délation déguisée m’apparaît plus une phrase creuse qui ne fait pas avancer le débat. Finalement, sa critique de l’intervention américaine en Iraq que je partage, ne devrait pas l’amener à dire que les Américains font preuve de responsabilité. C’est comme affirmer que l’incendiaire est une personne  responsable parce qu’il participe à atteindre le feu qu’il a allumé.